Selon le «New York Times», Napoléon était un suprémaciste blanc !

Par Marine
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Le quotidien américain fait une leçon de morale à l’hexagone, enjoignant « les institutions françaises à accorder plus d’attention à l’histoire de l’esclavage de leur pays au lieu d’honorer une icône de la suprématie blanche ». 

À en croire le New-York Times, Napoléon est le « plus grand tyran de France », une « icône de la suprématie blanche ».  Dès les premières lignes de son article publié dans le quotidien américain en date du 18 mars dernier, Marlène L. Daut exprime son ressentiment envers l’Empereur des Français. L’universitaire qui se présente comme spécialiste du colonialisme français considère qu’il ne faut pas commémorer le bicentenaire de la mort de Napoléon pour la simple et bonne raison qu’il est « une icône de la suprématie blanche ».

Alors que le débat en France autour de l’organisation d’une commémoration nationale oppose ceux qui jugent Napoléon avec une lecture contemporaine et ceux qui sont en faveur de la préservation de la mémoire de l’Empereur décédé le 5 mai 1821, le New-York Times a tranché : Napoléon Bonaparte n’est pas un héros à célébrer.

Le rétablissement de l’esclavagisme n’a jamais été nié en France

L’universitaire de Virginie à l’origine de la tribune à charge trouve irritant « en tant que femme noire d’origine haïtienne » d’apprendre que « la France envisage de célébrer l’homme qui a rétabli l’esclavage dans les Caraïbes françaises ». En effet, comme l’a très bien dit Olivier Amiel pour Causeur, l’auteure de l’article ressasse l’argument du rétablissement de l’esclavagisme dans les colonies en 1802 (oubliant au passage le contexte historique de cette décision, les regrets de l’Empereur et l’abolition de la traite négrière pendant les Cent jours en 1815), Napoléon est considéré comme « le plus grand des tyrans, une icône de la suprématie blanche »… Sans aucune nuance ni mise en perspective, Marlène L. Daut oublie la leçon de Marc Bloch sur le rôle de l’Histoire: comprendre et ne pas juger car « à force de juger, on finit presque fatalement, par perdre jusqu’au goût d’expliquer ».

Aucune nuance

L’universitaire militante n’hésite pas à ajouter que si le public français ignore l’histoire qu’elle veut bien prêter à Napoléon, c’est parce que notre système éducatif est vicié. Il « encourage la conviction que la France est un pays daltonien avec une “histoire émancipatrice”. Lorsque les écoles françaises enseignent l’histoire coloniale , elles vantent régulièrement que le pays a été la première des puissances mondiales européennes à abolir l’esclavage. » « C’est bien sûr faux », lui rétorque le juriste Olivier Amiel avant d’étayer son affirmation pour le magazine mensuel : « Le rétablissement de l’esclavagisme n’a jamais été nié en France et la polémique vient d’ailleurs et surtout depuis quelques années de certains Français eux-mêmes, adeptes de la repentance et du rejet de tout ce qui symbolise et doit représenter pourtant  – en bloc – avec ses lumières et ses ombres, notre histoire nationale. »

« L’Année Napoléon » est arrivée à une « époque dangereuse », déclare madame Daut. Selon elle, la volonté du président Emmanuel Macron de lutter contre les séparatismes par un texte de loi et l’enquête sur l’islamo-gauchisme à l’Université lancée par la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal alimenteraient déjà un climat de violence dans notre pays. Et c’est pour cette raison que « les Français devraient plutôt ouvrir une enquête sur les raisons pour lesquelles Napoléon, un belliciste raciste et génocidaire , continue d’être glorifié dans le pays dont la devise nationale est ” Liberté, égalité, fraternité ” » juge l’universitaire sur un ton moralisateur. 

 

  • Crédits photo : Wikimedia commons cc

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