« J’ai infiltré le RN pour créer le buzz », Kamel Agag-Boudjahlat, tête de liste pour les régionales, retire sa candidature

Par Marine
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Présenté comme la tête de liste du Rassemblement national dans le territoire de Belfort, Kamel Agag-Boudjahlat a annoncé le retrait de sa candidature. Il assure auprès de France Bleu avoir souhaité infiltrer le parti et encourage désormais à voter contre ce dernier.

Vendredi 30 avril, le président du Rassemblement national en Bourgogne-Franche-Comté, Julien Odoul, avait présenté la candidature de Kamel Agag-Boudjahlat, tête de liste pour les régionales dans le territoire de Belfort. Une candidature qui a suscité beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux durant tout le week-end. Mais ce mercredi, l’éducateur d’origine algérienne annonce à la radio locale France Bleu le retrait de sa candidature. Kamel Agag-Boudjahlat affirme avoir voulu « infiltrer le RN pour faire le buzz » et ainsi écrire un livre de cette expérience. Il a avoué vouloir devenir conseiller régional pour ensuite « tomber le masque ». Mais s’il a révélé ses fausses intentions à plusieurs semaines des élections, c’est parce que les critiques autour de son « pseudo » engagement seraient allées trop loin : « Je mettais en danger les membres de ma famille, avec un déferlement de haine, injures et menaces sur les réseaux sociaux », a-t-il indiqué. Mais ce n’est pas tout. « L’infiltré » a aussi affirmé ne partager aucune « affection » pour le parti de Marine le Pen et appelle les Français à voter contre.

D’après la radio, il préparait ce projet depuis un an, un délai apparemment suffisant pour gravir les échelons du RN et obtenir une place de tête de liste. Un an c’est le temps qu’il lui aura fallu également pour apporter de la matière à son futur livre : « Car ce parti, je l’ai vu de l’intérieur, n’a pas changé par rapport au Front national. Il surfe sur la haine de l’autre, la théorie du complot et du chaos. Et joue beaucoup sur les violences urbaines » a-t-il affirmé.

Fausse excuse

Julien Odoul ne croit pas à la thèse de l’infiltration. Le candidat du RN pour la Bourgogne-Franche-Comté a affirmé sur son compte Twitter que « L’état de violences et d’intimidations est tel dans notre pays qu’un candidat soit contraint de renoncer à se présenter aux élections et à justifier de raisons improbables dont tout le monde aura compris qu’elles sont guidées par la peur des menaces physiques proférées. » C’est lui-même qui avait présenté la candidature de Kamel Agag-Boudjahlat  en vidéo le 30 avril dernier. On y entend d’ailleurs le nouveau ex-candidat exprimer son souhait de « remporter ces élections régionales, qui vont servir de tremplin pour l’accession au trône de Marine Le Pen ».

L’ « infiltré » s’était exprimé dans L’Est Républicain au lendemain de sa présentation :  « La société se fracture, la laïcité recule. Je suis musulman, mais cela reste dans ma sphère privée. Le communautarisme explose. Il y a un gros problème d’identité dans les quartiers: les gens n’osent plus affirmer haut et fort qu’ils sont Français », avait-il notamment déclaré.

Sa soeur menacée 

Il est revenu ce lundi auprès du quotidien régional pour commenter l’annonce. « C’est allé trop loin, je mettais en danger les membres de ma famille, avec un déferlement de haine, injures et menaces sur les réseaux sociaux ». Ce sont précisément ces réactions qui l’auraient empêché d’aller jusqu’au bout de son plan initial, à savoir être élu conseiller régional puis tomber le masque, démissionner du RN et garder son poste « pour faire bouger les choses ».

Sa sœur, l’auteure engagée Fatiha Agag-Boudjahlat avait reçu de nombreuses insultes après l’annonce de Kamel de s’engager pour la région. « J’ai un frère candidat pour le RN dans le Territoire de Belfort. Donc je suis du RN ? » avait-elle posté le 1er mai, suivi de plusieurs autres messages : « Ma famille n’est pas une secte, on a tous des opinions différentes ce qui rend les réunions de famille bruyantes et souvent drôles » ou encore « Il est engagé dans l’associatif par altruisme depuis tout jeune. C’est un père fabuleux. Et je l’adore. J’ai peur pour lui. La politique c’est crade et violent. Et lui est sincère et il s’expose. Parce qu’il ne supporte plus l’état du pays, la violence. Il pense à ses filles ». Le journaliste d’extrême gauche Taha Bouhafs avait pris la parole à la suite de l’annonce de la candidature de Kamel Agag-Boudjahlat : « Le frère de Fatiha Agag-Boudjahlat dont elle est trop fière et qu’elle adore, est tête de liste pour le Rassemblement national. Faisons semblant d’être tous très étonnés », avait-il tweeté avant de poster un autre message après son désistement : « Mais oui on y croit ahah. Cette famille est incroyable ».

 

  • Crédits photo : Capture d’écran Twitter

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